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educ - Re: [EDUC] Argumentaire pour fonction publique

Objet : Liste de discussion du groupe de travail Éducation et logiciels libres de l'April (liste à inscription publique)

Archives de la liste

Re: [EDUC] Argumentaire pour fonction publique


Chronologique Discussions  
  • From: Laurent Bloch <lb AT laurentbloch.org>
  • To: Jean-François Lemoine <jlemoine AT blog.issi.me>
  • Cc: educ AT april.org, lb AT laurentbloch.org
  • Subject: Re: [EDUC] Argumentaire pour fonction publique
  • Date: Thu, 25 May 2023 11:08:59 +0200

Bonjour,

Juste un détail en passant : la caractéristique première d'une PSSI,
c'est d'être un document public. Cf. les recommandations de l'ANSSI :

https://www.ssi.gouv.fr/guide/pssi-guide-delaboration-de-politiques-de-securite-des-systemes-dinformation/

Bonne journée !

Le jeudi 25 mai 2023 Jean-François Lemoine a écrit ceci :

> Bonjour Chani,
> Bonjour à toutes et tous,
>
> Cette situation fait écho ma propre mésaventure. Travaillant dans une
> université parisienne, j’avais passé depuis 15 ans (presque) tous les
> postes de mon service sous Linux. Aucun problème particulier en 15 ans, mes
> collègues en étaient satisfait⋅es.
>
> En octobre de l’année dernière, les services informatiques ont commencé à
> refuser d’enregistrer nos nouvelles machines sur le réseau en invoquant le
> respect de la PSSI sans plus de détails (le document n’est pas accessible).
> J’ai demandé un arbitrage de la Direction Générale des Services, qui a
> tranché : toutes nos machines doivent être standardisées et repasser sous
> Windows. QUID des outils développés en internes ? L’avenir nous le dira…
>
> Tout cela pour dire que, après que la décision fut actée sans jamais
> évoquer la question du Logiciel Libre, j’ai rédigé une réponse en
> m’appuyant sur les [
> https://www.april.org/type-de-publication/communique-de-presse |
> communiqués de presse de l’April ] . Je n’y aborde cependant aucun argument
> technique, puisque cet aspect l’avait été en réunion, et me concentre sur
> l’aspect réglementaire.
>
> Je le partage ici en espérant qu’il puisse vous faire gagner du temps, mais
> il n’a eu pour nous aucun effet à ce jour…
>
>
>
>
>
> Sans vouloir remettre en cause la décision prise, je souhaite préciser ce
> qui manque à ce compte-rendu.
>
> La standardisation des postes du service, toute légitime qu’elle soit, met
> fin à une expérience de plus de 15 ans unique à l’université. La
> quasi-totalité de nos outils sont en effet basés sur des logiciels libres.
> Et il ne me semble pas que nous en soyons moins efficaces. Il me semble
> même que nous sommes (étions) la preuve qu’il est possible d’avoir une
> action efficace en utilisant des logiciels libres.
>
> Outre leur qualité, ces logiciels véhiculent des valeurs auxquelles il est
> difficile de rester insensible. Je rappelle la communauté d’esprit entre
> leur philosophie et le monde universitaire : partage, collaboration,
> relecture par les pairs.
>
> Loin d’être une lubie du service, cet engagement est ancré dans les
> nombreuses recommandations et injonctions qui s’imposent aux
> administrations :
>
> * l’UNESCO a classé le logiciel libre Patrimoine mondial de l’humanité
> en 2002 ;
> * la loi n°2013-660 de juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur
> et à la recherche : « les logiciels libres sont utilisés en priorité » ;
> * le Référentiel Général d’Interopérabilité d’avril 2016, qui
> recommande uniquement le format de données Open Document pour les
> applications bureautiques ;
> * le rapport sénatorial sur « Le devoir de souveraineté numérique »
> d’octobre 2019, qui indique qu’il est urgent d’engager une réflexion au
> niveau interministériel sur la conduite d’une politique publique du
> logiciel libre ;
> * La mission d’analyse et de prospective relative à la mise en place
> d’une politique publique de la donnée et des codes sources de décembre
> 2020, qui inscrit sans détour le logiciel libre comme un des piliers d’une
> politique publique cohérente ;
> * la circulaire n°6264/SG du Premier Ministre d’avril 2021 qui rappelle
> que les administrations « devront rechercher en permanence la meilleure
> circulation de la donnée, des algorithmes et des codes, dans des formats
> ouverts et exploitables par les tiers. Cette ambition renouvelée implique,
> en outre, un renforcement de l’ouverture des codes sources et des
> algorithmes publics, ainsi que de l’usage du logiciel libre et ouvert, et
> l’extinction, à horizon 2023, des redevances perçues pour la réutilisation
> des données » ;
> * la mission d’information « Bâtir et promouvoir une souveraineté
> numérique nationale et européenne » de juillet 2021, qui suggère d’«
> imposer au sein de l’administration le recours systématique au logiciel
> libre, en faisant de l’utilisation de solutions propriétaires une exception
> » ;
> * le plan d’action « logiciels libres et communs numériques » de
> novembre 2021 conçu par le ministère de la Transformation et de la Fonction
> publiques qui contribue à la transformation numérique du service public ;
> * le Socle interministériel de logiciels libres, actualisé tous les
> ans, qui liste les logiciels libres recommandés pour les administrations
> publiques.
>
>
>
> Sans mentionner la motion votée par le Conseil d’Administration de
> l’université le 13 mars 2023 qui demande que « l’établissement s’engage dès
> à présent dans le travail permettant de déboucher au plus tôt sur une
> solution libre et souveraine »…
>
>
>
>
>
> Librement vôtre.
>
>
>
>
> BQ_BEGIN
> De: "Chani Dib" <chani.xy AT gmail.com>
> À: "educ" <educ AT april.org>
> Envoyé: Mercredi 24 Mai 2023 10:16:14
> Objet: [EDUC] Argumentaire pour fonction publique
> BQ_END
>
>
> BQ_BEGIN
>
>
>
> Bonjour,
>
> J’espère que c’est le bon endroit pour cela.
> Je suis enseignant-chercheur dans une école d’ingénieurs publique. Cette
> école a une politique tout Microsoft qui est devenue de plus en plus
> restrictive avec les années, et nous sommes arrivés au point où il nous est
> impossible de travailler avec nos outils libres car rien n’est
> interopérable.
> Nous sommes nombreux à déplorer la situation et à tenter de changer les
> choses en interne, malheureusement jusqu’à maintenant sans succès.
> Notre prochaine action est une pétition à notre directeur général.
> Cependant pour celle-ci nous avons besoin d’aide pour construire un
> argumentaire solide : législation française et européenne, directives,
> solutions techniques, et surtout démonter leurs arguments (généralement «
> sécurité »).
> Le but est à la fois de critiquer la politique tout Microsoft, mais
> également, a minima, de les forcer à revoir leur politique
> d'interopérabilité (dernier exemple en date, le 2-factor authentication,
> pour lequel ils refusent d’autoriser les logiciels tiers type evolution,
> nous forçant à utiliser leur webmail).
>
> Si des personnes veulent bien avec leur expérience nous aider à monter un
> argumentaire construit et référencé, nous serions très reconnaissants !
>
> A bientôt
>
> BQ_END
>
>


--
Laurent Bloch - https://laurentbloch.net - lb AT laurentbloch.org
Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance !
(A. Lincoln)

Attachment: pgpDMfLX5nSh2.pgp
Description: Signature digitale OpenPGP




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