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educ - Re: [EDUC] Re : Nouvelle version de Framadate

Objet : Liste de discussion du groupe de travail Éducation et logiciels libres de l'April (liste à inscription publique)

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Re: [EDUC] Re : Nouvelle version de Framadate


Chronologique Discussions 
  • From: Nicolas George <ngeorge AT april.org>
  • To: educ AT april.org
  • Subject: Re: [EDUC] Re : Nouvelle version de Framadate
  • Date: Fri, 28 Nov 2014 15:18:55 +0100

Le septidi 7 frimaire, an CCXXIII, Fabián Rodríguez a écrit :
> En effet, et je vois ça seulement comme une étape de transition vers
> l'auto-hébergement. Framasoft aussi, c'est clair.

Cet argument relève une des deux principales erreurs de raisonnement dans
n'argumentaire de RMS : négliger le bénéfice escompté par les gens qui ont
recours au SaaS. Il faut s'en rendre compte, l'époque où chacun avait sa
tour sous le bureau est révolue. De nos jours, les gens veulent bosser dans
le train ou chez des amis sur leur gadget ultra-portable, sans pour autant
tout perdre s'ils se le font chouraver deux heures plus tard.

Répondre LibreOffice à quelqu'un qui veut du Google docs, c'est comme
répondre de prendre la voiture pour aller à la librairie de la grande ville
à cinquante bornes à quelqu'un qui se réjouit qu'amazon livre à domicile en
deux jours : complètement à côté de la plaque.

Pour autant, l'auto-hébergement n'est pas une solution. En admettant, ce qui
est très illusoire, que les gens apprennent à gérer leur serveur et sa
sécurité (ben ouais, un serveur, par essence, c'est exposé),
l'auto-hébergement veut dire une machine allumée chacun 24h/24 pour une
utilisation... 10% du temps, au maximum pour un individu normal. À l'époque
où réchauffement climatique et transition énergétique sont sur toutes les
lèvres, c'est un peu contre-productif.

L'autre grosse erreur de raisonnement dans l'argumentaire, c'est d'idéaliser
le cas du logiciel contrôlé par l'utilisateur. Soyons sérieux, qui a audité
la totalité de sa distribution avant de la compiler (avec un compilateur
obtenu de source complètement distincte, sinon Ken Thompson va rigoler) en
entier ? Qui peut affirmer que parmi les dizaines de développeurs Debian,
aucun n'est sous la coupe de la NSA ? On ne peut pas utiliser l'informatique
sans faire un minimum confiance à des organisation tierces. Le SaaS rend
cette confiance plus difficile à contrôler et plus facile à trahir, mais
c'est une différence quantitative, pas qualitative.

Enfin, un dernier point que je trouve choquant dans cet argumentaire, c'est
le fait qu'il cisèle la définition de SaaS sur mesure pour inclure les
services qu'il n'aime pas (Google docs) mais pas les services qu'il aime
bien (Savannah). Ça ne donne pas très confiance.

Cordialement,

--
Nicolas George



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